#2 – Greg Vollet – L’INTERVIEW

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Comment es-tu tombé dans l’univers du trail ?

J’ai commencé à courir à l’âge de 6 ans par du cross-country jusqu’à l’âge de 16ans où j’ai commencé le vélo de route, puis très vite, le VTT.

J’ai découvert le trail running en 2003 lorsque j’ai pris part aux manches de la Coupe du Monde de Raid Multisports. J’étais très fort en monté, mais j’avais du mal à descendre…Je me suis donc mis à faire des compétitions de Trail pour m’entraîner aux Raids Multisports.

Finalement, je suis tombé sous le charme du Trail qui me rappelait fortement les débuts du VTT avec un réel état d’esprits et des valeurs saines.

 

Qu’est-ce qui te motive dans cette discipline ?

Je dirais que c ‘est une des rares discipline qui permet d’avoir ses 5 sens en éveils.

Quand je pars à l’entrainement ou en compétitions, je vais toujours avoir des plaisirs et des émotions différentes, et chacun à son niveau peut ressentir la même chose.

Bien sur il y a un sentiment de liberté, d’exploration, d’improvisation, d’expression corporelle…Mais revenons à la source : Regardez autours de soi, écoutez la faune / le vent, sentez ses parfums, touchez  la nature pour en tirer de l’énergie et enfin goûtez à ses fruits, son eau fraîche. Il y a une source d’émotions si riche que chaque sortie est différente.

 

Comment as-tu réussi à fédérer une telle équipe autour de toi ?

Ce qui est le plus important pour des athlètes, c’est de faire parti d’un groupe et de savoir pourquoi ils courent. J’ai voulu allez encore plus loin, car ce n’est pas un groupe mais une famille et nous avons fait du trail running un sport collectif entre nous.

 

Comment te prépares-tu une course ? 

Mes objectifs sont derrière moi, je ne me prépare plus une course comme je pouvais le faire il y a 15ans ! Désormais, je me préoccupe plus de mes coureurs, pour être sur qu’ils soient dans les meilleurs conditions. De ce fait, j’aborde les courses sans aucun stress, sans savoir ce que je vais être capable de réaliser ! Je me donne à fond pour prendre un maximum de plaisirs, parfois, jusqu’à la mi course car je n’ai pas l’entrainement suffisant, parfois jusqu’au bout car j’ai trouvé un peu de temps pour courir !

 

Comment récupères-tu après une course ?

Après une course, je vais faire un mix entre glaces et bières 😉 Et sinon, après, comme je vais au bureau, ça m’arrive de ne pas courir pendant 3 à 5 jours parfois.

 

C’est quoi « l’esprit » Salomon ?

L’esprit Salomon c’est se donner à fond sans se prendre au sérieux.

Est ce que la nouvelle team (jeune) Salomon comporte des futurs prodiges (Comme Kilian / Emelie, Anna…) ?

Les Salomon Young Guns ont montrés qu’ils avaient du talent !

Rémi Bonnet (20 ans) / Yngvild Kaspersen (20 ans) / Andrew Miller (20 ans) / Ian Margerit (19 ans) / Davide Magnini (19 ans) / Micha Steiner (20 ans) / Giulia Compagnoni (20ans)

Et de nouvelles perles comme Stian Aarvik (20 ans) / Melanie Albretch (20 ans) / Hayley Prenn (19 ans) / Leire Fernandez (18 ans)

Je suis persuadé qu’il y a des futurs prodiges au sein de ce groupe, et nous allons continuer notre Salomon Running Academy chaque année pour rajeunir ce sport et lui apporter une nouvelle fraîcheur.

 

On veut tout savoir sur la chaussure Salomon ! De sa conception jusqu’aux pieds des coureurs ? 

Prenons le cas d’une chaussure S/LAB

Un athlète exprime un besoin

Un ingénieur travail avec lui pour répondre à son besoin

Il va lui fournir beaucoup de prototypes

Jusqu’à temps de trouver LA BONNE REPONSE

Une mini série est développée pour faire tester aux autres coureurs

Les prototypes sont testés par les athlètes directement en compétitions pour validation

Les chaussures sont envoyés en fabrication en série.

 

Quels sont tes meilleurs souvenirs de course ?

Un de mes meilleurs souvenir est le Lantau 2 Peaks à Hong-Kong en 2015, quand j’ai fait une très grosse descente qui m’a permis de passer de la dixième place à la 3ème sur une manche de la Coupe du Monde de SkyRunning ! Même chose cette année sur le Marathon du Mt Blanc, grosse descente 😉

Penses-tu toujours à cette histoire de dopage qui t’a touché en 2000 ?

La page est désormais tournée, même si elle a mis plus de 10 ans à se tourner…

Je suis un optimiste dans la vie, et je me dis que finalement, je ne serais pas où j’en suis aujourd’hui si ce n’était pas arrivé. Toutes expériences à des bons et des mauvais côtés, il faut savoir prendre du recul et analyser la/les situations. Nul doute que mon livre à été également une thérapie car j’ai pu écrire la vérité.

 

Quels conseils pourrais-tu donner à ceux qui se lancent dans le trail ?

Mon conseil serait qu’ils aillent courir sans montre. Sans regarder leurs vitesses, leurs distances, leurs temps, leurs dénivelés…Qu’ils aillent courir à la sensation, qu’ils s’écoutent, et qu’ils profitent de ce qui est autours d’eux plutôt que de se fixer sur un plan d’entraînement à respecter à la lettre. Le plaisir doit être la plus grande source d’énergie, et ce plaisir doit être du départ à l’arrivée, pas qu’après l’arrivée lorsque qu’on est satisfait de sa performance…

 

T’as vision du trail aujourd’hui correspond-elle à ce que tu espérais il y a quelques année ?

Ma vision du trail n’a pas changé ! C’est le sport et ses instances fédérales qui évoluent et malheureusement, nous ne pouvons pas tout maîtriser. Je pense qu’aujourd’hui, il manque des courses qui rassemblent l’ensemble des élites internationaux. Sierre-Zinal est l’une des seule course au monde qui présente toujours un plateau international de qualité. Il manque vraiment des courses attractives pour les Elites et les médias.

 

Qu’espères-tu pour le futur du trail ?

J’espère que le Trail sauvera ses valeurs, que les fédérations ne vont pas venir changer l’essence même du sport, que le Trail ne va pas prendre part au business des jeux olympiques qui ne respecte pas le format de chaque sport outdoor.

 

Un prochain livre en prévision ?

Ha non ! Le premier n’était même pas prévu !! 😉

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